Rechercher
Add to Netvibes Subscribe in NewsGator Online      
logo rss
logo youvox
devenez rédacteurs
A la une
A la une

De prime abord / Turnsteak : les duettistes !

Partagez cet article  ›› 
samedi 15 janvier 2011, par Delphine Neimon, Elliot Emery
imprimer article 

Samedi 4 décembre 2010 : bye bye la douceur nîmoise, je patauge dans les neiges parisiennes le temps d’une formation. Autant profiter de l’occas’ pour rallier la presta de Noone dans l’étroite salle du Buzz à Belleville, histoire de le voir œuvrer dans d’autres conditions que le vaste Double Mixte où Elliot et moi l’avions interviewé quinze jours et des brouettes avant. Ambiance plus intimiste mais enjeu de taille : la soirée marque une étape dans la course aux pré-selections Découverte du Printemps de Bourges 2011.

En lice, trois candidats : Noone donc, Funny Ox, et Turnsteak. Vu les circonstances, je m’attends à ce que l’atmosphère soit au stress sur fond de rivalité, avec coups fourrés au menu. En fait d’embrouilles, c’est une bande de joyeux drilles que je trouve attablée au café du coin, passant commande dans la joie et la bonne humeur, accumulant les blagues de potaches et les crises de rire. Et me voici avec tout ce petit monde en train de parler électro, prod, mix tout en plaisantant.

En la matière, les Turnsteak ne sont pas en reste, loin de là. FX et son joli sourire à la Guillaume Canet, Dam’s et sa bouille de Tintin, … un duo plein de verve, d’allant et d’humour : une heure à disserter pêle mêle sur les différentes manières de rouler une serviette en papier autour de couverts et les mystères nuancés des tendances électro et hip-hop, tout en taquinant au passage la serveuse sur les plats.

Plaisants plaisantins, les picards ! Un binôme que je n’hésiterai pas à qualifier d’hyperactif, interactif et attractif … surtout après avoir vu leur presta ! On m’a souvent répété au cours de mes bourlingues médiatico-culturelles qu’il n’y a pas grand-chose de spectaculaire dans un DJ set. Eh bien, je répondrai simplement aux dubitatifs d’aller regarder ces garçons mixer : magie du direct live, les deux enragés que je vois s’agiter derrière les platines n’ont plus rien de commun avec les gais lurons que j’ai côtoyés pendant le dîner. Je ne suis pas une analyste musicale de compétition comme mes petits camarades. En revanche j’ai des yeux pour voir. Et ce que je vois me laisse sans voix (et un jeu de mots nul en plus à ton actif, Dedel !).

TURNSTEAK Live @ Zoom Festival 2010

TURNSTEAK Live @ Zoom Festival 2010 from Pixel Actif on Vimeo.

Epreuve sportive, transe électro, corps à corps musical, accouchement sonore où chacun retourne les tripes de l’autre sur les consoles, … la salle est minuscule, je suis agenouillée devant les platines, les yeux rivés sur leurs visages concentrés, … pas de doute ce prétendu duel entre siamois artistiques est en fait une collaboration très physique, très corporelle, où le hasard n’a guère de place. Car sous leurs airs délurés, les Turnsteak sont de gros bosseurs, gérant à la fois la programmation des concerts, les mix en cascade, la prise en main de leur com’, sillonnant le globe depuis le Japon jusqu’aux USA sur un rythme dément, avec dans leur musette :

  • un goût certain pour les tournois (championnat de France IDA de scratch music en 2009 - concours officiel du « Drive it Like you stole it » de The Glitch Mob)
  • des collaborations en pagaille (N-Type, Blackalicious, Q-Bert, Radioclit, DJ Hype & Daddy Earl, Jamtech Foundation, Krazy Baldhead, Mondkopf, Acid Girls, Dj Netik…) - les podcast Catalyseur I et II et le EP POLLUTION SONORE (5 titres)
  • … et une musique spécifique, plus subtile que de l’électro pure, et dont l’indéfinissable particularité repose sur le traitement à contre courant de rythmes assez lents et de cadences aux variations multiples. Moins de paroles, un jeu constant sur le tempo des mots, et une volonté affirmée de destructurer la mélodie au fur et à mesure du mix.

Une recette confirmée par la sortie aujourd’hui du remix du track "when will we learn" de Mimosa, avec l’accap de "Let It" de MachineDrum.

Mimosa

Suffisamment de paramètres pour que nous creusions le sujet en mode ITW. Et voici le résultat :

- Comment vous êtes vous rencontrés ?

On s’est rencontrés lors d’un concert il y a une dizaine d’années où l’on jouait respectivement avec nos groupes de rap de l’époque. Les Djs, ça ne courait pas les rues et le feeling est vraiment bien passé, du coup on s’est revu rapidement pour de bonnes scratch freestyle sessions !!

- Quelle est votre formation ?

FX : J’ai fait un peu de piano étant petit (mine de rien ça fait travailler l’oreille), puis vers 96 j’ai commencé le scratch avec une vieille platine achetée en brocante… A l’époque j’étais à fond dans le hiphop et je me suis logiquement dirigé vers la production de son. Début 2000 j’ai rejoint une formation de son sur Paris pour approfondir mes connaissances sur le travail en studio (environnement, mix…). A côté de ça j’ai toujours travaillé sur des projets hiphop ou à tendances électroniques.

DAMS : J’ai commencé le son en achetant une platine à courroie, un truc vraiment bas de gamme et en rachetant une vieille mixette Gemini à un pote (je luis dois encore 50 francs d’ailleurs, rire !!). J’ai toujours été très impressionné par certains potes qui scratchaient et mixaient autour de moi, et j’ai voulu essayer. J’ai tout de suite accroché et j’ai alors commencé à rechercher de l’info, car il n’y avait pas Internet à l’époque, juste quelques VHS de CrazyB et la clique, ainsi que quelques scratch Tapes (Dj Hitch…) J’ai ensuite intégré le label Logilo Productions pour plusieurs stages où j’ai fait de très belles rencontres ( big up au passage à Num’s, Kaze et Jon…), et où j’ai appris pas mal de choses. J’ai taffé un peu pour l’école « Hypercut » où il y avait des cours de scratch et mix. J’ai aidé au développement marketing, prospection (de par ma formation scolaire), tout en faisant du son et des grosses sessions freestyle, la pure époque !

- Votre ancrage géographique a-t-il influencé vos choix musicaux, si oui en quoi ?

FX : Je crois que forcément à un moment donné on est influencé par notre environnement et ce qui nous entoure. On vit géographiquement au nord de la région parisienne, un peu entre deux eaux, d’un côté quelques villes très riches et de l’autre les villes dortoirs aux quartiers difficiles … Ce qui donne un mélange entre une culture hiphop de rue et le monde de l’électronique au sens large (club, rave party, …), dans les deux cas ça reste des musiques, urbaines, festives et revendicatives. Nos influences viennent de là en partie.

- D’où vient le nom du groupe ?

A la base on s’appelait « Turntable speakers », forcément on faisait que de la musique aux platines ! Le nom a ensuite évolué et le 1er changement a été « TurnSpeak ». Les gens galéraient à dire « Turntable speakers », et certains avaient même pris l’habitude d’écourter le nom du groupe, on s’est alors rebaptisé « TurnSpeak », ça sonnait bien non ??!! (Rire !!) Puis on est passé à « Turnsteak » à cause d’une personne … mais ça restera top secret (rires) !

- Depuis combien de temps existe-t-il ?

Depuis 2002, où nous étions 3 avec Dj HAMZA. Mais le nom « Turnsteak » et le groupe en tant que tel existent depuis 2007.

- D’où vous vient votre culture du mix et vos connaissances musicales assez pointues ?

FX : Pour ma part, c’est vraiment la culture hiphop et de la radio, des émissions underground faites à l’arrache qui m’ont données envies de mixer et digger !

DAMS : J’ai toujours été très intéressé par la musique et par toutes les techniques de mix et scratch. A l’époque j’écoutais beaucoup de rap et j’étais toujours à l’affût de la dernière prod, du morceau mortel, du truc que personne n’avait (ou difficilement du moins). J’écoutais également pas mal d’émissions indé, certaines à pas d’heure dans la nuit, j’étais avec mon poste cassette à Rec tout ce que je pouvais pour ensuite allez faire écouter aux potes… Mais c’est vraiment différent aujourd’hui avec Internet et le nombre de projets musicaux qui circulent sur le net, on peut tout avoir très facilement, et découvrir plein de choses instantanément. Je continue donc mes recherches sur les réseaux P2P, Blogs, … mais d’une façon plus virtuelle qu’à l’époque, afin de trouver le morceau qui défonce pour le live !!

CATALYSEUR II

- Quel est votre projet artistique initial ? Quels sont vos objectifs artistiques futurs ?

A la base on a tous les deux lâché nos boulots respectifs pour se consacrer uniquement à la musique. On voulait sortir un album, faire beaucoup de concerts, festivals, et en vivre. Cependant on s’est vite rendu compte qu’il est très difficile de trouver des dates, de vendre du disque et de vivre de la musique.

Nous avons fait beaucoup de projets et concrétisé de belles choses en 2010. En effet, nous avons sorti deux EP « Pollution Sonore » en libre téléchargement et « Circuit Imprimé », ainsi que des mixs et podcasts exclusifs.

On a aussi fait de belles dates : Le Off des Printemps de Bourges, le Télérame Dub festival à la Grange à Musique de Creil, les Bars en trans, la White night à Brighton, Heavy sick zero à Tokyo (Japon) …

Pour 2011 on prévoit encore de belles choses, plusieurs sorties avec pas mal de remixes et quelques surprises !!! Mais aussi de grosses collaborations avec le PÔNG : Adrien Poux du Pixel Actif à la captation et montage vidéo et Julien Appert de L’œil dans la main qui réalise un gros travail de Vjing sur nos derniers sets. On va pousser le concept bien plus loin en 2011, les mecs bossent bien. Et également beaucoup de connexions avec d’autres artistes et un max de concerts en France et à l’étranger.

- Comment concevez-vous vos sets ?

Pour les morceaux on part en général d’une base (un sample, un thème, une boucle…) de l’un ou de l’autre, puis chacun modifie, rajoute, enlève, fait sa mixture, réinterprète à sa sauce… Ensuite on choisit ensemble une direction pour pouvoir peaufiner, arranger et structurer.

Pour le Live, on change pas mal de choses, comme par exemple la durée, le BPM, ou même la structure… on aime bien que ce ne soit pas figé pour laisser plus de place au jeu. Les morceaux conservent donc la même base mais sont calibrés différemment, on essaie de les rendre plus vivants et plus intenses en live, et ce par rapport aux réactions du public.

Turnsteak Vs Subway Live from Pixel Actif on Vimeo.

Merci 1000 fois et plus encore aux Turnsteak pour leur confiance et leur professionnalisme.

Delphine Neimon : ITW et rédaction Elliot Emery : ITW et analyse musicale

Et plus si affinités

Musique :

http://turnsteak.bandcamp.com/

http://soundcloud.com/turnsteak

http://www.myspace.com/turnsteak

Mix et podcast :

http://www.mixcloud.com/turnsteak/

Facebook

http://www.facebook.com/pages/TuRnS...


samedi 15 janvier 2011, par Delphine Neimon, Elliot Emery
imprimer article  Autres articles de Delphine Neimon |Autres articles de Elliot Emery | Mots-clés |

Sur le thème : électro

La Feinte du jour : Ephémère Nippon le 13 janvier 2011:
La musique électronique française a toujours été l’une des plus productives du monde, notamment sous l’impulsion de quelque labels prestigieux. Samedi 15 Janvier l’un d’entre eux, Institubes pour ne (...)

La Java / Paris / 13 janvier 2011 - Janski Beeeats en concert le 5 janvier 2011:
Une cité futuriste rongée par une effroyable épidémie, des malades transformés en mutants dévorateurs, des tueurs chargés d’abattre les contaminés sans merci … Vous pensez visionner le dernier blockbuster (...)

Bloody Beetroots - What’s behind the mask ? Part III : Romborama on space le 1er décembre 2010:
Pour ceux qui suivent ce qui est bien parti pour devenir une saga norroise en 157 000 épisodes, notre dernier entretien datait du 3 juillet dans la chaleur étouffante de l’Elysée Montmartre. Je (...)

De prime abord - Noone : le diable hors de sa boite ? le 22 novembre 2010:
Un surnom d’enfant qu’on chuchote le soir pour mettre en fuite les cauchemars ? Un patronyme valise qui télescoperait en doux accents britanniques les reflets argentés de la lune (moon) et la vacuité (...)

Evènement : Premier album des Destronics - Digital Naïves : « a french band and proud of it » ? le 8 septembre 2010:
Ils sont deux, ils sont lyonnais, ils ont 20 ans … à l’âge où la plupart des ados font la fête en vacances, les Destronics enregistrent leur premier album. Seuls. Commençons par le commencement. (...)

Réagir à cet article

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

    texte
Qui êtes-vous ? (optionnel)
  • [Se connecter]

Add to Netvibes Subscribe in NewsGator Online
   

http://www.culture.youvox.fr est motorisé par spip 2.1.2 [16017] associé à des squelettes spip Rizom | Design by « La Benne »